vendredi 17 décembre 2010

Faisons le bilan

Voilà, ça y est, nous ne rêvons pas, les journées de dur labeur sont enfin derrière nous et nous avons dit adieu à Somersby et à la Killburney farm. Mais après 8 semaines passées à décharger des dizaines de milliers de poussins et à ramasser 136 bins d’oranges, 16 bins d’avocats et 7 bins de citrons, un petit bilan s’impose.

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Ce que nous ne regretterons pas:

  • Les insectes… les fourmis qui piquent (leur piqure fait très mal et les boutons énormes grattent pendant des jours), les cafards qui se baladent tranquillement sur nous pendant qu’on bosse, les punaises qui nous pissent dessus (ça pue et ça laisse des tâches oranges sur la peau), les criquets et les cigales qui font très peur à Charlotte
  • Les courbatures dans chaque muscle
  • Les douleurs dans chaque articulation
  • Le chant des corbeaux pendant la sieste
  • Les nombreux jours de pluie
  • Les glissades en échelle
  • Les jours de repos uniquement le week-end, il y a plus de monde à la plage
  • L’odeur des hangards à poulets
  • et encore plein d’autres choses!…

Ce que nous regretterons:

  • Le confort… d’avoir de l’électricité, des WC à proximité du van, des douches chaudes, un squat qui permet de laisser des affaires dehors et d’avoir plus de place dans le van, une bâche tendue au-dessus du toit qui nous permet de ne pas prendre l’eau, une machine à laver et un sêche-linge
  • Un patron super cool, qui nous a fait bien rire avec ses chaussettes de ski violettes dans ses tongs
  • Les horaires aménageables, selon la volonté des employés
  • Les virées en tracteur ou en quad
  • Les oranges pressées et plein de guacamol pour pas un dollard
  • L’odeur des orangers en fleurs
  • …euh, et ben en fait, c’est tout!

Car depuis, l’ambiance des vacances à repris le dessus, et comme nous faisons cette liste les pieds dans le sable, il est difficile de regretter le boulot!

Nous écumons les plages au nord de Sydney, de Palm beach à Manly. Entre spots de surf très fréquentés, petits villages balnéaires très mignons, plages hyper-touristiques ou criques désertes, nous avons du choix et pas le temps de nous ennuyer.

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Nous passons les nuits, et quelques unes de nos journées, à Whale beach, petite crique très tranquille où nous avons une terrasse avec vue imprenable sur la mer. Le matin, il n’y a qu’à tirer un peu les rideaux pour voir le soleil se lever.

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Nico joue à Robinson et nous ramène de beaux poissons…

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De très bonnes vacances d’été en somme, on oublie souvent que les fêtes de Noël approche à grand pas.

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vendredi 3 décembre 2010

24H chrono

Un bon résumé de notre vie de fermiers

vendredi 12 novembre 2010

La vie à la ferme

Voilà maintenant 4 semaines que nous sommes devenus des ouvriers agricoles…

La semaine dernière, on nous a proposé de ramasser les avocats car les pickers qui devaient être embauchés n’ont pas montrés le bout de leur nez. On a donc travaillé pour un autre frère, Kevin, qui a sa propre ferme de l’autre côté de la rue. Quand il est venu nous chercher, il nous a expliqué que les avocats se cueillaient avec un sécateur et que ça prenait donc plus de temps à ramasser mais qu’ils étaient bien plus gros que les oranges et que l’un compensait l’autre.

Nous avons donc découvert les plantations d’avocats. Les arbres sont très grand et Nico a eu droit à un vrai joujou, un cherrypickers, qui comme sont donc l’indique sert à la base à ramasser les cerises. C’est un élévateur tout terrain, qui se commande uniquement avec les pieds depuis la nasselle (une sorte d’ ESP en plus marrant, pour les potes pompiers). En plus, la nasselle est munie d’un sac immense donc pas besoin de porter les avocats. Pour Charlotte, par contre, le travail n’a pas changé. Il faut toujours ramasser et porter les avocats jusqu’à la bin dans son sac, sauf que les avocats sont beaucoup plus lourds que les oranges et les distances bien plus grandes à parcourir. Et puis, on nous a expliqué que les avocats avaient beaucoup plus de valeur que les oranges et qu’il ne fallait en laisser aucun sur les arbres…  Pour nous, la valeur de la bin restait la même, 35$. Mais ce qu’on ne savait pas, c’est que les avocats, on ne les voit pas. Vert sur vert! Alors on cherche le dernier un bon moment, avant de le trouver en se cognant dedans!

Les oranges ont commencées à nous manquer, les bins se remplissaient moins vite qu’avant et les journées étaient plus longues. Parce que quand il pleut, ou quand les arbres sont détrempés, les pickers ne picke pas, ça c’est normal. Donc quand le réveil sonne à 6 heures et qu’on voit qu’il pleut, on referme le rideau et on se rendort. A 7 heures, on ouvre un oeil, rien n’a changé, retour sous la couette. A 8 heures, il ne pleut plus mais tout est trempé, on referme les yeux. A 8h20, le boss frappe sur la tôle du camion juste pour nous faire savoir que c’est une belle journée aujourd’hui! (It’s a beautiful day today, just to let you know…)

Alors se faire tirer du lit par son patron, plusieurs fois dans la semaine, ça ne nous a pas plû très longtemps, nous sommes depuis retournés à nos chères oranges et à notre cher patron Max qui ne vient jamais nous réveiller et qui est très content de notre travail.

Mais en plus des oranges et des avocats, nous avons ajouté encore une corde à notre arc… Les poulets. Ou plutôt les poussins! Plusieurs fois, nous avons prêté main forte au déchargement des camions de poussins qui arrivent ici afin de bien manger, de bien grandir, et d’être manger à leur tour.

Les poussins arrivent par camion, dans des cagettes empilées les unes sur les autres. Il y a 100 poussins par cagettes. Il suffit de prendre la cagette en haut de la pile et de la vider sur le sol. La tâche n’est pas si facile car les hangards sont surchauffés, les cagettes ne finissent pas de sortir du camion (40 000 poussins au total par chargement) et les poussins une fois au sol se déplacent. Il faut faire attention à ne pas marcher dessus, surtout qu’ils vous suivent comme si vous êtiez la maman poule. Ils sont trop mignons! Difficile de se dire qu’on aura de leurs nouvelles en commandant un McChicken!

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Voilà, on est en train de devenir de vrais fermiers! Heureusement, on s’échappe de la ferme le week-end et on file vers les plages toutes proches retrouver des activités qu’on préfère…

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jeudi 21 octobre 2010

Fruit picking!

Ca y est, depuis le temps qu’on cherchait du travail, on a enfin trouvé!… Il suffisait d’un coup de fil.

Ici, quand on cherche un travail dans les fermes, on consulte les annonces d’un organisme national, le Harvest Trail, qui regroupe les demandes en main d’oeuvre dans tout le pays. Seulement voilà, jusqu’à maintenant, on ne passait que par internet et les annonces étaient toujours trop vieilles ou demandaient des qualifications que nous n’avons pas.

Mais en téléphonant, quelle bonne surprise d’apprendre qu’une vingtaine de pickers était demandée pour ramasser des oignons à Aratula, juste à côté de Brisbane où nous nous trouvions! Ni une, ni deux, on prend la route tout content d’avoir enfin du boulot. En arrivant sur place en milieu de journée, nous appelons Scott, notre contact, pour lui dire que nous sommes arrivés, certains de commencer à travailler le lendemain… Scott vient à notre rencontre et nous dit d’enfiler des chaussures fermées, une casquette et de prendre une bouteille d’eau car nous partons directement sur le champs! Tout se passe donc très vite, pas le temps de demander quel est le salaire ni où nous allons dormir mais peu importe, on commence à arracher nos oignons avec le sourire.

Ce qu’on ne savait pas encore, c’est qu’arracher les oignons n’est pas une partie de plaisir, mais alors pas du tout… Certains ne veulent pas sortir de terre, il faut tirer dessus de toutes ses forces à deux mains et les doigts sont vite engourdis, la position au ras du sol toute la journée est très douloureuse pour le dos, les tiges d’oignons se cassent et la sève d’oignon vous dégouline dessus, et la sève d’oignon, ça sent vraiment pas bon, même après plusieurs douches, impossible de se débarrasser de l’odeur! Et la douche, parlons-en…

Scott n’est pas un fermier, c’est en fait un intermédiaire qui envoie les pickers dans les différentes fermes des environs. Il loge dans un motel avec lequel il a passé un arrangement. Toutes les chambres sont occupées par des pickers qui s’entassent parfois à 5 ou 6, et il nous fait une fleur en nous disant qu’on peut garer notre van derrière le motel pour 25$ chacun par semaine. On arrive là après la première journée de travail et on découvre un champs boueux, sans eau courante ni électricité, dans lequel est déjà garée une vingtaine d’autres vans. Et pour la douche et les toilettes, il faut aller frapper à la porte des chambres et demander aux occupants de monopoliser leur salle de bain dégueulasse. Imaginez 60 pickers sentant l’ognion, qui débauchent tous en même temps et qui rêvent tous d’une douche se partageant 5 salles de bain : attente interminable, pas d’eau chaude et propreté vraiment limite!

Et tout ça pour quoi? Pour 38$ par bin remplie. La bin est une sorte de contener, un peu plus d’un mètre cube, mais nous n’en remplissons que 2 ou 3 à deux, en 12 heures de travail… En faisant un rapide calcul, on se rend compte que ça nous rapporte environ 5$ par heure et par personne, une misère…

Ici, il n’y a pas de syndicat mais suffisament de français parmis les travailleurs pour que la colère gronde… En 24 heures, 50 des 60 pickers avaient démissionné, nous y compris!

Il ne faut pas croire que tout était horrible là-bas… Nous avons rencontré des gens très sympa, fait la fête dans le bus boueux du boulot pour se protéger de la pluie, et on se souviendra longtemps du picking des oignons, au moins jusqu’à ce qu’on se débarrasse complètement de l’odeur sur nos mains.

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Nous avons donc quitté Aratula et sommes retournés à Brisbane, en compagnie de quelques copains en van rencontrés à Aratula. Il faut encore une fois signaler que la pluie était là. La visite de la ville s’est donc fait à vive allure et nous avons passé la journée du dimanche à l’abri dans la super bibliothèque équipée d’internet en wifi et de super canapés…

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C’est à Brisbane que nous avons passé le coup de fil qui nous a amenés jusqu’à l’endroit où nous sommes en ce moment. Comme la première fois, on nous dit qu’il faut des pickers d’oranges, mais à Gosford. On regarde sur une carte et on se rend compte que Gosford se trouve à presque mille kilomètres, juste au nord de Sydney! Alors on réfléchit bien, on ne voudrait pas rater trop de trucs sur la route, mais bon, la pluie devenant vraiment prise de tête sur la région de Brisbane et le besoin d’argent ne pouvant plus attendre longtemps, c’est en deux jours que nous avons fait le trajet, sur une route détrempée (non, ce n’est pas une région de lacs!).

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Pendant toute la route, nous avons redouté de tomber sur un autre plan foireux mais en arrivant à Gosford (à Somersby, pour être précis) nous avons trouvé le soleil et une petite exploitation familiale, tenue par Max et son fils Paul. Leur activité principale est l’élevage de volaille de batterie et ils avaient besoin de quelqu’un pour récolter les oranges. Nous sommes donc les deux seuls pickers dans cette ferme, directement employés par le fermier. Nous avons pu nous garer juste en face du champs d’orangers, avec prise électrique, toilettes, salle de bain et machine à laver à disposition, sans payer quoi que ce soit! Nous avons donc pu nous amenager un petit squat sympa, vu que nous sommes ici à priori jusqu’à Noël.

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Le boulot se passe très bien, pas de superviseur sur le dos toute la journée comme dans les oignions. On gère notre rythme comme on veut, de toute façon, nous sommes payés au rendement, 35$ par bin remplie. On arrive à faire 5 ou 6 bins par jour, en commençant à 7h et en arrétant à 16h. On prend même le temps de faire une micro sieste à la pause déjeuner.

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Et le week-end, nous pouvons en profiter, la plage est toute proche! Avec des vagues et un super spot de pêche. Nous avons même retrouvé nos amis des oignions qui ont suivi la même route que nous.

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Voilà, réveil qui sonne le matin, semaine de boulot, week-end sympa entre potes… On retrouve un rythme qu’on commençait à oublier… Vivement les vacances de Noël!